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Extraits
MON PAYS ME FAIT MAL
Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.
Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.
Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.
Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.
Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.
Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,
Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.
Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?
BIJOUX
Je n'ai jamais eu de bijoux,
Ni bagues, ni chaînes aux poignets,
Ce sont choses mal vues chez nous
Mais on m'a mis la chaîne aux pieds.
On dit que ce n'est pas viril,
Les bijoux sont faits pour les filles
Aujourd'hui comment se fait-il
Qu'on m'a mis la chaîne aux chevilles ?
Il faut connaître toutes choses,
Être curieux du nouveau :
Étrange est l'habit qu'on m'impose
Et bizarre le double anneau.
Le mur est froid, la soupe est maigre,
Mais je marche, ma foi, très fier,
Tout résonnant comme un roi nègre,
Paré de ses bijoux de fer.
L'ENFANT HONNEUR
Au berceau de lenfant Honneur
On a vu deux fées apporter
Deux présents pour lenfant Honneur
Le courage avec la gaieté.
- A quoi, dit-on à la première,
Sertt un présent comme le vôtre ?
- Presquà rien répond la première
A donner du courage aux autres.
- L'autre, dit-on à la seconde,
N'est-il pas de trop pour l'Honneur?
- Un enfant, répond la seconde,
A toujours besoin d'une fleur.
Pour en savoir plus sur Robert BRASILLACH, visitez le site de l'Association des Amis de Robert Brasillach sur http://www.brasillach.org/ .
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